Coup d’oeil sur un petit bouquin, posé là discrètement entre de grands ouvrages, sur l’étal d’une boutique … Ni une ni deux, il était acheté, … puis dévoré.  Il devint un précieux compagnon de voyage.

«Le tour du monde en 14 jours, 7 escales, 1 visa», Raymond Depardon.

Il était temps de quitter nos vertes prairies et autres abruptes montagnes pour s’envoler vers ce qu’on peut appeler … l’Aventure. Nous voulions vivre 2 fois la même journée (décalage horaire oblige), rester en suspension dans les airs durant plusieurs dizaines d’heures et voir si le monde est meilleur là-haut, croiser un chinois le mercredi et saluer un néo-zélandais le jeudi afin de raconter la semaine suivante à un américain ce que nous avions vu la semaine précédente, avant de rentrer en Europe pour se poser la question suivante : quand repart-on ?!

Nous sommes rentrés. Nous voulons repartir.

Etape 1.

Départ au petit matin le 1er mai 2010. Traversée de la Manche et longue marche dans les rues et parcs de la capitale anglaise.

En soirée, il est déjà temps d’embarquer dans le Boeing triple 7 d’Air New Zealand pour Hong-Kong. C’est le vrai grand départ, avec 9’641 kilomètres au programme. Souper léger. Les rares et douces turbulences nous bercent jusqu’au terme de cette étape.

2 mai 2010, milieu d’après-midi, nous foulons la terre d’Hong-Kong avec toujours le même émerveillement face à cette société aux multiples paradoxes. La taille des complexes immobiliers nous fascinera toujours. Tout comme leurs constructions à l’aide d’échafaudages de bambous. Le soleil ne tarde pas à disparaître derrière les monts. Déambulation dans les rues animées de la ville et diner en terrain connu au coeur de Kowloon. Nous nous endormons en regardant le port de Victoria.

Le décalage horaire est sans effet pour le moment et c’est un réveil aussi difficile qu’avant «une dure journée de labeur», qui nous attend. Mais pas une minute à perdre, le temps est compté. Nous voulions absolument voir cette nouvelle télécabine qui relie Tung Chung (à côté de l’aéroport) au sommet de l’île de Lantau où trône, peut-être le plus grand bouddha d’Asie en bronze. Il est en effet impressionnant. Tout comme cette fameuse télécabine qui plonge littéralement en direction de la mer (c’est selon le sens évidemment) ou qui gravit les sommets intermédiaires et procure une vue époustouflante aux alentours. Le tout dans une cabine faite d’un sol en verre. C’est plus cher que la traditionnelle mais la file d’attente est restreinte à son maximum. La vue, «sous ses pieds», c’est ce qu’on appelle la «chinese’s touch». Simple, mais fallait-il encore y penser.

L’après-mdi est consacrée à la visite du gigantesque et démentiel «Hong-Kong’s container port», l’un des plus importants au monde. On ne s’imagine pas forcément de quelle manière fonctionne un port de ce type et la visite qui devait être sympathique tourne à l’un des plus beaux souvenirs de ce tour du monde. Bien entendu, la place fonctionne 24 heures sur 24 et 365 jours sur 365. Pas un jour non travaillé, les 3 huit. Le déchargement et son contraire des porte-containers est géré en grande partie sans intervention manuelle. Nous gagnons la tour de contrôle qui permet d’observer un système informatique, bien complexe, pour le simple quidam!

Il est l’heure de regagner le centre et de déguster quelques spécialités du coin, avant de planifier le, déjà, dernier jour plein en Chine.

Le 4 mai 2010 est à vivre dans le haut lieu du jeux et de la prostitution, le Las Vegas asiatique, Macao! Premier sentiment partagé entre étonnement ou écœurement. De la peine à reconnaitre l’ancienne colonie portugaise découverte en 2003 lors d’un précédent voyage. Heureusement, le «vieux» Macao (architecture inscrite à l’Unesco) a été quelque peu préservé et nous y foulons volontiers les ancestraux pavés de Senado Square jusqu’aux ruines de Saint-Paul et notamment la grande façade de l’église de la Mère-de-Dieu.

A nouveau, le temps est précieux et le bateau pour rejoindre Hong-Kong est déjà sur le point de larguer les amarres. A peine débarqués sur l’île d’Hong-Kong, c’est la grande course sur Des Voeux Road Central, entre les trams à impérial, pour attraper le Peak train et immortaliser le coucher de soleil sur la pellicule. Mais, … trop tard, le soleil s’échappe sans crier gare et c’est une vue extraordinaire de nuit sur la mégapole qui nous accueille et illumine nos yeux. Ils resteront grand ouverts jusqu’au grand plongeon dans la literie de l’hôtel.

Quelques cartes postales lancées dans une boite rouge, les portes de l’avion sont armées et nous planons déjà à destination de la Nouvelle Zélande, terre inconnue mais chaudement recommandée.

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Etape 2.

Tiens, nous sommes de retour en Suisse ?!

Les yeux mi clos, l’oiseau de fer pose ses 14 roues sur la piste 05 d’Auckland (exactement la même orientation que la piste de Genève), après avoir survolé le Nord-Ouest de l’île avec la vue magnifique de Wattle Bay, Orua Bay, Big Bay, accolées à la Mer de Tasmanie. La preuve est là, cette étape sera à nouveau magique!

Un des buts de cette étape était de suivre au plus près, une des manches du championnat du monde des rallyes. Opération réussie, avec un public chaleureux, une organisation parfaite et un maximum de «spéciales» suivies sur 3 jours, le tout, en s’octroyant des créneaux de temps libres pour la découverte des terres et des somptueuses plages vierges de touristes, début de l’hiver local oblige (température 15°).

Un autre but ? Voir si ce pays ressemble bien à la Suisse comme on l’entend souvent, ou encore à l’Afrique du Sud. Affirmatif, si on enlève l’élément de la mer ! Sinon, les plaines, les collines, etc., on pourrait confondre avec un peu d’imagination. Ainsi, 6 jours, dont 3 pour le rallye, nous ont mis l’eau à la bouche pour revenir explorer ces contrées et plus particulièrement celles du sud de l’île qui semblent grandioses.

10 mai, place à la découverte de l’île de Waiheke. Quelques lignes de bus la traversent de long en large à une faible cadence. L’occasion de trainer un petit moment à un arrêt (avec vue sur Onetangi Bay, il y a pire!) et de se faire remarquer par un local qui propose le trajet jusqu’à la bourgade d’Ostend, un peu plus fréquentée! De fil en aiguille, on discute et ce brave type nous apprend qu’il a vécu quelques temps en … Suisse (!) du côté de Bâle. Il a «quelques» pieds de vigne et vit de ces derniers. Le hasard des rencontres…

Dernière nuit dans l’un des quelques gratte-ciels d’Auckland, la fatigue nous gagne et nous nous endormons en regardant la SkyTower gravie, à l’aide d’un ascenseur en verre, quelques heures plus tôt.

Le 11 mai est l’occasion de procéder au shopping de rigueur avant de rejoindre l’aéroport où les procédures d’embarquement et autres contrôles nous rappellent immédiatement que la prochaine étape sera les Etats-Unis. Une soirée d’aéroport pénible avant de prendre place dans un 747 bondé (379 passagers). Les quelques centaines de tonnes arrachées au tarmac néo-zélandais, le sommeil peine à venir.

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Etape 3.

Avaler des kilomètres encore et encore.

11 mai, … toujours et encore ?! Nouvelle possibilité de revivre le 11 mai si le précédent ne nous avait pas satisfaits! Les fuseaux horaires en sont la cause.

Réveil en début d’après-midi et la piste 25 que nous allons utiliser est visible sur la droite de l’appareil, quelques instants après avoir survolé la côte californienne et ses eaux turquoises. L’avion effectue un virage à 180° et nous offre une vue époustouflante sur tout Los Angeles. Une étendue gigantesque d’habitations, ses noeuds autoroutiers, le downtown, la fameuse colline aux grandes lettres blanches. Arrivés en terrain connu, mais si nous avions encore un doute, les files d’attente interminables de l’Immigration nous l’ôtent.

Nous sautons dans le bus sur-climatisé de notre compagnie de location et il ne nous reste plus qu’à prendre le plus gros 4×4 disponible (rêve américain oblige). Pas une minute à perdre, direction l’angle de Sepulveda Boulevard et la W92nd pour avaler un burger chez In-n-Out (le Mcdo en version hummm (!), on peut «zieuter» derrière le comptoir et voir les patates débitées, épluchées et coupées sur place).

Rassasiés, c’est parti, direction Las Vegas avec un «night-stop» à Victorville et la visite de son aéroport «hors du commun». Arrêt devant un fast food pour prendre le wifi et dégoter un hôtel et réserver une chambre. Sur place, 5 minutes plus tard, la réception annonce le «hic». «Votre chambre n’est en fait pas disponible et nous vous proposons une suite à la place. Un collègue est allé voir s’il n’y avait pas d’odeur de cigarettes, l’étage étant fumeur et tout est en ordre. Cela vous convient-il ?» Autant nous sommes dubitatifs devant certaines choses aux Etats-Unis, autant nous trouvons la qualité du service après-vente souvent très attentionnée !

La nuit est excellente et le réveil difficile. Toujours aucune trace du décalage horaire toutefois. Visite de la journée, un «cimetière d’avions». Que l’on soit passionné ou à l’inverse, que l’on voit l’avion comme un moyen de transport quelconque, c’est un endroit à découvrir une fois dans sa vie si l’occasion se présente. Il y en a plusieurs dans la région. Celui-ci est plutôt réservé aux avions civils, d’autres sont plus «militaires». Certains aéronefs ne prendront plus les airs, d’autres attendent une éventuelle remise en service. Impressionnant est le maitre mot. Nous avons compté et recompté, des centaines d’avions entreposés sur plusieurs dizaines d’hectares. Vision incroyable de la société de consommation à son paroxysme.

Le soleil n’attend pas, ce soir nous voulons le voir se coucher à Las Vegas. La route est longue, très longue. Le soleil est pesant. Les pauses sont obligatoires, la fatigue nous étreints. D’un coup, en plein désert, la cité du vice apparaît majestueusement ! Quelques instants plus tard, nous foulons le strip 15 ans après ma première visite du coin. La ville a quelques peu changé, mais pas tant. Des hôtels en plus bien sûr, mais les historiques qui ont créé la base, sont toujours là, tel le Luxor et son imposante pyramide. Un repas chez Sbarro pour ne pas perdre de temps, mais il est quand même tard. L’heure est aux jeux et à la perte de quelques billets aux bandits manchots, … «modernes». Quelle déception, les machines auraient-elle perdu leurs âmes ? On ne joue plus avec du cash, mais avec des tickets à code-barre. Les «quarters» qui tombaient, … ne tombent plus. La nuit, elle, est tombée depuis quelques heures et le soleil levant prend place tout doucement. Petit-déjeuner englouti, visite éclair de la Tour Eiffel (la copie!) et c’est à nouveau des kilomètres de bitume qu’il faut parcourir sans se retourner. What Happened in Vegas stays in Vegas !

Les forts rayons du soleil laissent place à une couleur orange magnifique en suspension lors de notre arrivée en soirée dans la Cité des Anges. Nous remontons Sunset Boulevard pour prendre nos quartiers.

Derniers jours de ce premier Tour du monde par l’Est et nous ne sommes pas rassasiés de clichés, nous en voulons encore, Chinese Theater, Venice Beach, Beverly Hills, …

15 mai, c’est le moment de prendre l’avion pour boucler la boucle et relier Los Angeles à Londres. Agitation à l’aéroport, pompiers et policiers en nombre qui courent dans tous les sens, problèmes de poids avec les bagages, contrôle des passeports jusqu’à épuisement et files d’attente irréelles. Tous ces soucis s’envolent au décollage et nous gagnons Big Ben à quelques 900 km/h.

16 mai, atterrissage sur Londres. Le temps d’enregistrer à nouveau les bagages pour Genève et c’est un Airbus 319 qui nous dépose sur le sol helvétique et met un terme aux 39’600 kilomètres et 49 heures passées à tourner autour de notre planète bleue, … et sans décalage horaire.

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Mais au fait ? Où est la caisse pour reprendre un billet ?!

Bonus : 40th Rally New Zealand

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